Une mémoire cinématographique du futur (2019-2020)

    Il s’agira d’explorer la manière dont un avenir (généralement non réalisé) affleure dans la mémoire du passé que le cinéma conserve et qu’il peut actualiser.
  Précisons immédiatement que, malgré la proximité terminologique, ce que nous entendons par «mémoire cinématographique du futur» doit être clairement distingué de ce que les neurosciences nomment « mémoire au futur » (Francis Eustache], c'est-à-dire la réorganisation des souvenirs en fonction de leur pertinence pour le présent et l’avenir. En revanche, la réflexion que nous souhaitons mener présente certaines affinités avec des questions abordées et des recherches menées dans d’autres champs disciplinaires : l’histoire contrefactuelle, l’approche génétique des textes et la question de l’archive.
     La première, nommée également « histoire des possibles » ou « what if History », qui s’est développée à partir de la crise des modèles déterministes (R. Koselleck), a connu un réel essor depuis les années 1980. La réflexion sur les passés non advenus y vise donc essentiellement à repenser les modèles de causalité historique (Q. Deluermoz & P. Singaravélou). De son côté, la génétique textuelle, en s’inspirant de la logique des « mondes possibles », tente de rendre compte du statut des mondes virtuels créés au cours de la genèse (D. Ferrer). Enfin, les diverses réflexions sur les archives mènent toujours à s’interroger sur l’acte d’archivage et de conservation en vue d’un futur depuis lequel le « passé » de l’archive prendrait un sens. L’archive s’ouvre toujours depuis l’avenir (J. Derrida).
     Si notre réflexion présente des convergences avec ces trois directions de recherche, la question que nous aborderons en diffère nettement : nous examinerons la transmissibilité d’un futur, imaginé au passé. Cela implique d’interroger la manière dont le cinéma peut archiver un futur virtuel, advenu ou non, et en réactualiser la puissance au présent. Autrement dit, il s’agira d’analyser la manière dont le cinéma, par ses dispositifs d’enregistrement, ses régimes de projection et de fictionnalisation propose moins une histoire du réel qu’une histoire des utopies et des imaginaires.

Le séminaire se tiendra à l’INHA en salle Jullian, de 18h à 20h, les :
Jeudi 31 octobre 2019
Jeudi 28 novembre 2019
Jeudi 30 janvier 2020
Jeudi 13 février 2020
Jeudi 12 mars 2020